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Genesio se confie sur son aventure à Lyon et parle de son avenir

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Bruno Genesio s'est livré sur son passage à Lyon.

Quelques semaines seulement après la fin de son aventure sur le banc lyonnais, Bruno Genesio s'est longuement exprimé dans les colonnes de L'Equipe.

Après trois ans et demi à la tête de l'équipe première de l'OL, Bruno Genesio (52 ans) a fait le choix de quitter le navire à l'issue de la saison. D'un commun accord avec Jean-Michel Aulas, celui qu'on surnomme Pep a décidé de passer le flambeau au duo Juninho-Sylvinho. En paix avec lui-même et fier du travail qu'il a accompli, le natif de Lyon dresse un bilan positif de son parcours sur le banc des Gones. "Je ne suis pas épuisé. J'ai eu des moments de fatigue mais j'en sors surtout renforcé. Je me suis déjà découvert une résilience que je ne soupçonnais pas. Je ne veux pas faire le "Calimero" mais, pendant trois saisons et demie, je n'ai pas été épargné. Je n'imaginais pas que j'étais capable de supporter tout ça en continuant à bien faire mon travail" a déclaré celui arrivé en décembre 2015, puis de poursuivre : "Je me suis également prouvé que j'étais en mesure de diriger une grande équipe française et européenne en ayant un bilan plus que satisfaisant avec trois qualifications en Ligue des champions et une demi-finale de Ligue Europa. Ce parcours reste très positif. Je le termine avec beaucoup de satisfaction, de la fierté et plein d'énergie."

Lorsqu'il a senti les eaux lyonnaises de plus en plus agitées, Bruno Genesio n'a pas souhaité se saborder et a préféré penser à l'intérêt collectif avant son intérêt personnel, et ce alors qu'une prolongation était toujours d'actualité. "Déjà, Jean-Michel Aulas a tout fait pour me garder. On était d'accord sur la prolongation. Il y a eu des faits qui ont inversé la tendance. J'ai alors senti que le contexte n'était plus propice autour de moi pour remplir les objectifs dans l'immédiat. L'équilibre sportif et financier du club était menacé. Cette atmosphère négative rejaillissait sur le comportement des joueurs. Il fallait une décision forte. C'est moi qui l'ai prise dans l'intérêt général et dans celui du club. Mais même avec cette défaite en demi-finale de Coupe de France face à Rennes à domicile (2-3, le 2 avril), j'aurais quand même pu prolonger derrière avec une qualification directe en C 1 et cette place de 8e de finaliste contre le Barça (0-0 ; 5-1) cette saison" a-t-il expliqué.

"C'est de la mauvaise foi caractérisée"

S'il a affirmé à maintes reprises être resté en très bons termes avec la direction lyonnaise, Genesio reconnaît que sa relation avec une partie des supporters n'était plus vivable. "J'ai senti, bien avant même le match de Rennes, qu'il y avait une ambiance encore plus néfaste autour de moi. Une partie du public est venue au stade en espérant qu'on perde ce match ! C'était presque comme une corrida, où on attendait une mise à mort... Sur les réseaux sociaux, après l'élimination, il y a eu beaucoup de satisfaction chez certains pseudo-supporters" a t-il raconté, encore marqué par le comportement d'une poignée desdits fans. Il a d'ailleurs entamé des procédures contre ces personnes-là, comme il l'a confié à nos confrères. "Des personnes sont allées beaucoup trop loin. Sur les réseaux sociaux, dans des commentaires. On va régler tout ça maintenant que je ne suis plus à l'OL. J'ai déjà engagé des procédures. Il y a des assignations en cours. La critique fait partie de notre métier, si on ne veut pas l'accepter, il faut faire autre chose. Mais lorsque ce sont des atteintes personnelles, il faut réagir."

Selon le désormais ex coach de l'OL, l'averse de critiques concernant sa philosophie de jeu - jugée inexistante par certains - était infondée et injuste. "Le regret, c'est que je n'ai pas été jugé sur mes résultats. Mon bilan est plus que satisfaisant et je souhaite que le club fasse aussi bien derrière moi. Après, il n'y a pas de victoire en Coupe. C'était un objectif. On peut me le reprocher, je le sais. Mais je n'accepte pas d'autres reproches. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu de jeu, de philosophie, de principes. C'est de la mauvaise foi caractérisée. J'ai aussi participé au développement de joueurs qui ont rapporté beaucoup d'argent. J'ai rempli le deal. Je sais que c'est très important pour la bonne marche de l'OL mais que ces ventes impactent inévitablement le niveau de l'équipe. Je n'ai pas fait le calcul". Personnellement très satisfait de ce qu'il a accompli, il a renchéri : "Mais la balance commerciale a été très largement positive durant mon passage. Ce n'est pas uniquement grâce à moi, mais aussi à Flo (Florian Maurice, le responsable du recrutement), au président, au staff, à l'ensemble du club, mais ça reste le fruit d'une bonne partie de mon travail. Nos trois qualifications en C1 depuis 2016 ont également rapporté beaucoup. Globalement, ce bilan général est largement positif."

"J'ai envie de reprendre tout de suite"

Comme il l'a indiqué au début de son entretien, Bruno Genesio ne se sent pas fatigué malgré des derniers mois éreintants à Lyon. Ses agents sont d'ailleurs à la recherche d'une nouvelle expérience pour lui et il ne cache pas que l'étranger l'attire. "J'aimerais bien (aller à l'étranger). Quand on a connu Lyon, il y a derrière très peu de clubs en France qui peuvent vous donner la même chose en termes de moyens et de structures. C'est donc plutôt l'étranger, avec la recherche d'un nouveau challenge, différent, et avec une remise en question personnelle. J'ai envie de reprendre tout de suite, mais je ne suis pas pressé non plus. Il me faut quelque chose où je puisse franchir un palier" a-t-il expliqué, lui qui rêve d'une trajectoire similaire aux deux entraîneurs finalistes de la Ligue des Champions cette saison. " Mais j'aimerais m'inscrire dans la lignée d'exemples qui ont un peu le même profil et qui ont très bien grandi comme les Klopp, Tuchel, Pochettino. Ils montrent que le travail paye toujours et qu'on peut surmonter un déficit d'image au départ". Enfin, s'il a confirmé son envie de trouver immédiatement un nouveau challenge, il a également assuré qu'il n'y avait "pas de projets concrets" et qu'il voyait "encore du monde" avant d'accepter une éventuelle proposition.